Mercredi 5 janvier 2011
Ce matin je me réveille vers 11h00. La veille je me suis allongé dans mon lit vers 23h00. Plusieurs heures de lutte m’y attendaient. Je veux dormir et le sommeil ne vient pas. Les idées noires veulent s’immiscer. Le lit devient le lieu du tourment. Mais qu’ais je donc fait pour vivre cela ? Et puis le trou noir. Le sommeil est tombé sans prévenir. Il est 11h00 il faut se lever. Dans la cuisine c’est un chantier. De la vaisselle en retard, une table encombrée. Mécaniquement je prends mon bol le rempli de café et tapisse de confiture mes brioches. Surtout ne pas oublier le médoc. Les idées noires remontent peu à peu. Je me traine vers la salle de bain. Il faut être présentable tout de même. 20 min pour le brossage/champoing/rasage/douche. La douche dure longtemps j’ai besoin de sentir l’eau couler sur ma peau. Sans courage j’ouvre le bréviaire et je prie presque mécaniquement l’office. Je dois rejoindre un repas de prêtre. J’angoisse car je ne suis pas sur de pouvoir leur offrir le visage des beaux jours. Il y a aussi Hortense en bas. Je rejoins mes confrères pour le repas. Cela fait du bien de retrouver du monde. De s’échapper quelques minutes, une sorte d’accalmie. Rencontrer du monde peut être un bon antidote même s’il faut se faire violence. Je mesure la chance de pouvoir travailler avec des personnes qui sont faciles d’accès avec qui ont prend plaisir à travailler. J’ai le temps d’écrire une lettre pour solder une question en suspend. Je me surprends à aimer écrire, moi qui n’ai jamais aimé les dictées. Je rencontre ensuite mon curé. J’ai vraiment le sentiment qu’il ne me comprend pas. Il me laisse des miettes. Pas une messe un dimanche à présider durant le mois de février. Cela vous donne du morale quand on a l’impression que l’on vous prend pour un incapable. La soirée se passe au milieu d’une dizaine d’ados et de deux animatrices. Nous regardons un Disney, un filme d’animation. L’espace de quelque temps je m’évade. Après la rencontre d’aumônerie on poursuit autour d’un café. La chaleur humaine fait du bien. Je me retrouve à nouveau seul dans mon bureau. Heureux du calme et en même temps j’ai peur. Peur de me retrouver avec moi-même. Peur de cette nuit à venir. Peur de devoir recommencer une nouvelle journée demain. On frappe à ma porte. C’est mon voisin. Il me fait part d’un article d’une revue qui pourrait m’intéresser pour la prochaine rencontre d’aumônerie avec les lycéens. Nous-nous attardons à discuter à battons rompus. Une simplicité fraternelle s’établie. Ce sont devenu des moments rares mais qui font du bien. La fraternité sacerdotale est faite de ces petits moments gratuits où la confiance est au rendez-vous. Je me retrouve seul. Je vais mieux. La visite m’a fait du bien. L’amitié est notre seul trésor. Je vais maintenant offrir ma journée au Seigneur par l’office des complits. Demain sera une autre journée. Chaque jour suffit sa peine.